Asphodèle nuptial (Fr – Ita)

Vers écrits à 4 mains, 2 âmes, 2 corps,
de Catherine Smits et le mien

.

Maintenant que tu as joui
Tes mains s’éloignent
Écument la sève de la nuit.
Soudain, ta nudité s’ombrage
Voile flou qui pétrifie mon âme.
Quelque chose fend l’éclair de tes yeux
Est- ce encore l’envie de ma chair ?
Mes doigts voudraient revenir
comme les astres nocturnes dans le nid céleste
Ma bouche aimerait épouser le pays de tes seins,
boire le miel de l’asphodèle nuptial qui ne me comble jamais.
Mais ton passé pèse comme une pierre
lie tes mains, emporte l’air.
D’autres ombres vivent dans ton ombre
d’autres hanches se sont cognées aux tiennes.
Je l’avais oublié.

Alors comme une bête traquée par des fantômes
je cherche l’issue pour entrer dans tes veines.
Mon sexe perle des gouttes d’argent
parure d’amour sur tes lèvres intimes.
Ton regard au mien s’arrime
m’invite dans l’antre de ton fruit mûr.
Le vent d’angoisse qui agite mes entrailles
pousse sa dernière rafale.
Je traverse ton corps, statue craintive
je vais et je viens dans tes blessures.
Au rose de tes parois, mes peurs s’usent
et quand enfin, je m’écroule
comme un naufragé sur ta poitrine haletante
je cherche dans l’écho de ton cri
la courbe du sextant qui relie nos deux vies.

Ah, te perdre! Je ne peux pas.

Asfodelo nuziale

Ora che hai gioito
le tue mani si allontanano
schiumano la linfa della nostra notte.
Improvvisamente la tua nudità si oscura
forma incerta che gela il mio cuore.
Qualcosa attraversa il lampo dei tuoi occhi.
È il desiderio ancora della mia carne?
Le mie mani vorrebbero tornare
come astri notturni nel nido celeste.
Vorrei affondare la bocca nella collina dei tuoi seni,
bere senza mai saziarmi il nettare dell’asfodelo nuziale.
Ma il tuo passato pesa come una pietra
lega le tue mani, toglie l’aria.
Altre ombre vivono nella tua ombra
altri fianchi si sono stretti ai tuoi.
L’avevo dimenticato.

Come una bestia braccata dai fantasmi
cerco un modo per entrare nelle tue vene
il mio sesso imperla gocce d’argento
ornamenti d’amore sulle tue labbra intime.
Il tuo sguardo affonda nel mio
m’invita nella cavità del tuo frutto maturo.
Il vento d’angoscia che attanaglia le mie viscere
scaglia la sua ultima folata.
Attraverso il tuo corpo, statua timorosa
mi ritraggo e affondo nelle tue ferite.
Al rosa delle tue pareti le mie paure si estinguono
e quando infine crollo
come un naufrago sul tuo seno ansante
cerco nell’eco del tuo grido
l’arco sestante che sovrapponga le nostre vite

Ah, perderti! Non posso.

Violenza d’amore (Ita – Fr)

foto di Laura Makabresku

.

Dove siete braccia che mi accoglievano
occhi che mi baciavano, labbra
che pronunciavano il mio nome come la preghiera
a un dio che finge d’ascoltare? Dove la mia dolcezza
che ti piegava e ti spingeva contro il muro
della tua fierezza? Ah, le strade
dove c’incontravamo
rosse dei tramonti e i baci nell’ombra
ora deserte parlano di noi
che andavamo abbracciati verso il nido
della tua illusione. Ora guardo il vuoto
della stanza e le mie vene
dove ancora scorre il tuo sangue.
Tanta violenza d’amore
sprecata con te che non potevi resistermi
tanti baci e carezze, per poi negarti tutto
per rinfacciarti la mia debolezza
per spaccare in due il frutto del nostro amore.
Ma ancora sorrido e fingo una dolcezza lontana.

Violence d’amour

Où êtes-vous, bras qui m’ont accueilli,
yeux qui m’ont embrassé, lèvres
qui ont prononcé mon nom comme une prière
à un dieu qui fait semblant d’écouter ? Où ma douceur
qui t’a poussé contre le mur
de ton orgueil et t’a plié? Ah, les rues
où nous nous sommes rencontrés
le rouge des couchers de soleil et les baisers dans l’ ombre
désormais désertes parlent de nous
qui allions enlacés vers le nid
de ton illusion. Maintenant je regarde le vide
de la pièce et mes veines
où coule encore ton sang.
Tant de violence d’amour
gaspillée avec toi qui n’a pas pu me résister.
Tant de baisers et de caresses, pour ensuite tout te refuser,
te reprocher ma faiblesse,
fendre en deux le fruit de notre amour.
Mais toujours je souris et feins une douceur lointaine.

Qui je suis ? (Fr – Ita)

Florence Henri, Double portrait, 1960

à ma douce Catherine

Je me surprends à regarder les étoiles
avec agitation et peur
comme un enfant aveugle
dans une nuit d’orage
Ou comme une ombre avec un couteau à la main
et dans l’autre mon cœur
ou l’homme qui sort de la mer
dans les bras de la lune
et sent qu’il serre contre sa poitrine
seulement la froide splendeur
Qui suis- je vraiment ?
Je suis un faible
un ignorant
un rêveur
souvent présomptueux
celui qui ne sait pas saisir les opportunités
celui qui est incapable d’aimer
celui qui ne peur que de respecter
celui qui se plaint de ne pas être aimé
celui qui regrette un passé qu’il n’a pas été capable de vivre
celui qui ne sait pas vraiment lire
et comprendre pleinement ce qu’il lit
celui qui ne croit pas, sinon à la boue de son propre ego
celui qui cache tous ces défauts
utilisant sa propre faiblesse
Acquiesçant à tout vent
Je ne mérite pas l’estime de celle qui m’aime
Je ne mérite pas sa peau contre la mienne
Comment mériter son amour,
moi qui habite en regrets
un homme qui n’existe guère?
Je suis l’homme à rebours de lui- même
Celui qui aimerait remonter la vie
et être en équilibre sur le fil de ses soupirs.

Chi sono io

Mi sorprendo a guardare le stelle
inquieto e impaurito
come un bambino cieco
in una notte di tempesta
O come un’ombra con un coltello in mano
e nell’altra il mio cuore
o l’uomo che sorge dal mare
tra le braccia della luna
e sente di stringere al petto
solo il freddo splendore
Chi sono veramente?
io sono un debole
un sognatore
un ignorante
un presuntuoso il più delle volte
colui che non sa cogliere le opportunità
colui che è incapace di amare
colui che sa solo rispettare
colui che si lamenta di non essere amato
quello che rimpiange un passato che non ha saputo vivere
quello che non sa davvero leggere
e comprendere appieno ciò che legge
colui che non crede, se non nel fango del proprio ego
colui che nasconde tutti i difetti
usando la sua stessa debolezza
Acquiescente a qualsiasi vento
Non merito la stima di colei che mi ama
Non merito la sua pelle contro la mia
Come meritare il suo amore,
io che vivo nel rimpianto
un uomo che esiste a malapena?
Sono l’uomo che va contro se stesso
Colui che vorrebbe dare una svolta alla vita
e camminare in equilibrio sul filo dei suoi sospiri.

Le soleil de Venise (Fr – Ita)

À mon étoile, le jour de son anniversaire

Le suave chant d’une femme sérénissime
calme les inquiétudes, comme les eaux lentes
qui accompagnent la mélancolie
du soleil mourant de la lagune
Il enfonce son or dans les canaux, il le répand sur les toits
sur les murs des maisons, sur les façades
des églises . Il fait rougir les fenêtres
il enflamme les draps
dans l’ombre de la pièce. Ton corps détendu
se balance doucement dans les vagues
qui montent le long de tes hanches
comme une gondole
abandonnée à la marée de mes mains.
Mes lèvres mouillent tes seins
descendent et montent.
Ta voix dans la nuit comme un chant
de colombe sur la branche
m’offre le fruit mûr de ta bouche,
injecte dans mes veines le désir
de m’agenouiller entre tes jambes
mouiller l’étoile intime avec ma langue
la pénétrer comme une rose offerte
à mes lèvres arides.
Ah la lune qui s’élève
en regardant par la fenêtre, argente ton corps
crée les ombres qui dessinent tes seins,
brillent dans ton regard
rendent la courbe de ton ventre mystérieuse!
Mes mains cherchent dans tes buissons l’ombre
parfumée au romarin et au laurier,
elles ouvrent le fruit, caressent le pistil
rose du clitoris qui s’offre soudain.
Tu te cambres comme un roseau plié par le vent
Mon sexe pénètre
plonge dans la pulpe, l’asperge de rosée.
Arrête – me dis- tu- laisse aussi mes lèvres
boire ta rosée.
Alors, tu portes à ta bouche
le bourgeon rouge encore humide.
Tes rêves survolent les dômes dorés
errent dans les calli solitaires, cherchent
mes baisers à la lumière de la lune.
Mais dans l’obscurité
les lèvres d’une ombre cachée
viennent à ta rencontre
comme le soleil d’or que je vois dans tes yeux.
Mémoire qui cherche dans le noir
les disparus qui bougent encore
dans le désenchantement des souvenirs.
Mais l’émeraude sombre
de l’eau sur les vitres suffit. Une caresse,
ton soupir
et ma fleur pénètre ta fleur
comme une abeille touche la douceur d’un pétale.
L’air de ta bouche se lève en un baiser
et nos corps frissonnent dans un cri radieux. 

Il sole di Venezia

Il soave canto di una donna serenissima
calma le inquietudini come le acque lente
che accompagnano la malinconia
del sole morente di Venezia.
Affonda il suo oro nei canali, lo sparge sui tetti
sui muri delle case, sulle facciate
delle chiese, fa rosse le finestre
incendia le lenzuola
nell’ombra della stanza. Il tuo corpo disteso
oscilla lentamente nelle onde
che salgono lungo i tuoi fianchi
come una gondola
abbandonata alla marea delle mie mani.
Le mie labbra bagnano i tuoi seni
scendono e risalgono.
La tua voce nella notte come canto
di tortora sul ramo
mi offre il frutto maturo della tua bocca,
inietta nelle mie vene il desiderio
d’inginocchiarmi tra le tue gambe
con la lingua bagnare la stella intima
penetrarla come una rosa offerta
alle mie labbra aride. Ah la luna che sorge
affacciata dai vetri inargenta il tuo corpo
crea le ombre che esaltano i tuoi seni,
brillano nel tuo sguardo
rendono misteriosa la curva del tuo ventre!
Le mie mani frugano nel cespuglio l’ombra
profumata di rosmarino e di alloro,
aprono il frutto ne carezzano il pistillo
rosa del clitoride che si offre all’improvviso.
T’inarchi come un giunco piegato dal vento.
Il mio sesso penetra
s’immerge nella polpa, la irrora di rugiada.
Fermati – mi dici – lascia che anche le mie labbra
bevano la rugiada. E porti alla bocca
il rosso bocciolo ancora umido.
I tuoi sogni volano sulle cupole dorate
errano nelle calli solitarie cercano
baci nella luce della luna.
Ma nell’oscurità ti vengono incontro
le labbra di un’ombra nascosta
come il sole d’oro che vedo nei tuoi occhi.
Memoria che cerca nel buio gli svaniti
che ancora si muovono
nel disincanto dei ricordi. Ma bastano
il cupo smeraldo dell’acqua
ai vetri della finestra, una carezza
un tuo sospiro
e il mio fiore penetra il tuo fiore
come un’ape che sfiora la dolcezza di un petalo
l’aria della tua bocca il sorgere di un bacio
il brivido dei corpi nel grido raggiante.

Il destino di lei (Ita – Fr – Eng – Esp)

Sguro, Gabbiano, 1979

.

Quando morirò scenderà sul mio corpo
il drappo incolore del silenzio.
Sulle parole amare che lascio
un velo di polvere bianca
farina delle mie ossa.
Sulle mie donne attuali e di ieri
le foglie rosse degli anni d’amore
cresciuto e svanito
poi rinato sulle labbra della stella
che mi sorride e mi accoglie
nel suo giardino fiorito.
Di lei immagino la sorte.
Da ogni angolo del tempo
da tutte le sfumature del cielo
un vento lieve d’addio sussurrerà
le sillabe maturate sulle mie labbra
carezzerà il suo viso con le ali
di un gabbiano ferito.
Il rosso del sangue
sarà
il suo solo ricordo di me.


Son destin


Quand je mourrai, descendra sur mon corps
le drap incolore du silence.
Sur les mots amers, que je lâcherai
le voile de poudre blanche
farine de mes os.
Sur mes femmes d’hier et d’aujourd’hui
les feuilles rouges des années
d’amour grandi et mort
puis renaît sur les lèvres de l’étoile
qui me sourit et m’accueille
dans son jardin fleuri.
J’imagine son destin.
De tous les coins du temps
de toutes les nuances du ciel
un léger vent d’adieu chuchotera
les syllabes mûres sur mes lèvres
caressera son visage avec les ailes
d’une mouette blessée.
Le rouge du sang
sera
son seul souvenir de moi.



The fate of her


When I die it will come down on my body
the colorless drape of silence.
On the bitter words that I leave
a veil of white powder
the meal of my bones.
On my current and yesterday and present women
the red sheet of the years
of love that has grown and died
then reborn on the lips of the star
who smiles at me and welcomes me
into her flower garden. I imagine her fate.
From every corner of time
from all shades of the sky
a light farewell wind will whisper
the syllables ripened on my lips
he will caress her face with his wings
of a wounded seagull.
The red of blood
will be
his only memory of me.

El destino de ella

Cuando muera caerá sobre mi cuerpo
el manto incoloro del silencio.
En las palabras amargas que dejo
un velo de polvo blanco
comida de mis huesos.
En mi mujer actual y ayer y presente
la sábana roja de los años
de amor crecido y desaparecido
luego renacido en los labios de la estrella
que me sonríe y me da la bienvenida
a su jardín de flores. Imagino su destino.
Desde todos los rincones del tiempo
de todas las sombras del cielo
un ligero viento de despedida susurrará
las sílabas maduraron en mis labios
acariciará su rostro con sus alas
de una gaviota herida.
El rojo de la sangre
será
su único recuerdo de mí.

Fleur d’automne (Fr – Ita)

Modigliani, ritratto di Jeanne Hébuterne

A la douce étoile, lumière de mon automne


Ma tendre fleur de mon automne
Toi qui es de mes nuits le seul rêve que je veux rêver,
et de mes jours le seul soleil par lequel je veux être réchauffé,
viens dans mes bras.
Donne-moi ta bouche à laquelle je veux tout boire.
Donne-moi tes caresses et ton miel pour que mon sang coule
plus vite dans mes veines
et se transforme en sel pour tes lèvres.
Quand ta bouche se penchera sur mon sexe
quand mes doigts caresseront ton clitoris,
comme une rose gardée dans un buisson
parfumé à la menthe et au laurier,
alors j’ embrasserai tes seins comme un affamé
je sucerai tes tétons bruns, comme on boit
un vin corsé et puissant.
Oh, ma fleure, mon sexe gicle
sa semence dans le vide. Où est ta vulve ?

Fiore d’autunno

Mio tenero fiore del mio autunno
Tu che sei il solo sogno che voglio sognare nelle mie notti
e dei miei giorni l’unico sole da cui amo essere scaldato
vieni nelle mie braccia.
Dammi la tua bocca da cui voglio bere senza fine
Dammi il tuo miele e le tue carezze che il mio sangue scorra
più sciolto nelle mie vene
e si trasformi in sale per le tue labbra.
Quando la tua bocca si chinerà sul mio sesso
quando le mie dita carezzeranno il tuo clitoride,
come una rosa custodita nel cespuglio
profumato di menta e di alloro
bacerò i tuoi seni come un affamato
succhierò i tuoi capezzoli bruni come si beve
un vino corposo e forte.
Oh, mio fiore il mio sesso sparge
il seme nel vuoto. Dove la tua vulva?

Parole (Ita – Fr – Eng- Esp)

Dal Web

.

In loro zampilla e si accumula la linfa
che urge giorno e notte nel travaglio della mente.
Numerose fioriscono sull’albero del desiderio.
Maturano in tondeggiante forma. Si tramutano in fiamma.
Le pronunciamo come un frutto
che attinge alle radici del parlare. Lo mordiamo
con le labbra e con la lingua. Immergiamo ogni sillaba
nei colori vividi o mesti delle nostre pupille.
Ne gustiamo il suono, lo lanciamo nell’aria.
Ci ritorna indifferente o gelido nello sguardo dell’altro
o colmo di dolce polpa maturata nella nicchia del cuore.
Anche se breve si allunga fuori misura nello spazio
fa crescere una forma e nel silenzio si sporge
tra gli occhi e le orecchie tra la ragione e il sentimento.

Il seme avvolto nella polpa germoglia e trabocca
dentro e fuori di noi, dilatato dalla nostra sete,
come un pensiero, presagio indimostrabile
finché non fioriscono gli alberi del desiderio.



Paroles


La lymphe jaillit et s’accumule en eux
qui pousse jour et nuit dans le travail de l’esprit.
Elles fleurissent nombreuses sur l’arbre du désir.
Elles mûrissent dans une forme arrondie. Elles se transforment en flammes.
Nous les prononçons comme un fruit
qui puise aux racines de la parole. On le mord
avec les lèvres et la langue. Nous plongeons chaque syllabe
dans les couleurs vives ou tristes de nos pupilles.
Nous goûtons le son, nous le jetons en l’air.
Il nous revient indifférents ou froids dans le regard de l’autre
ou pleins de pulpe sucrée mûrie dans la niche du cœur.
Même s’il est court, il s’étire énorme dans l’espace
il fait grandir une forme et dans le silence il se penche
entre les yeux et les oreilles entre la raison et le sentiment.

La graine enveloppée dans la pulpe germe et déborde
à l’intérieur et à l’extérieur de nous, dilatées par notre soif,
comme une pensée, un présage indémontrable
jusqu’à ce que les arbres du désir fleurissent.

Words


Lymph gushes and accumulates in them
that urges day and night in the labor of the mind.
Numerous bloom on the tree of desire.
They ripen in a rounded shape. They turn into flame.
We pronounce them as a fruit
that draws on the roots of speaking. We bite it
with lips and tongue. We dip each syllable
in the vivid or sad colors of our pupils.
We taste the sound, we throw it in the air.
It returns to us indifferent or cold in the other’s gaze
or full of sweet pulp ripened in the niche of the heart.
Even if short, it stretches out in space
it makes a shape grow and in the silence it leans out
between the eyes and the ears between reason and feeling.

The seed wrapped in the pulp sprouts and overflows
inside and outside of us, dilated by our thirst,
like a thought, an indemonstrable omen
until the trees of desire bloom.

Palabras


La linfa brota y se acumula en ellas.
que urge día y noche en el trabajo de la mente.
Numerosas florezcan en el árbol del deseo.
Maduran en forma redondeada. Se convierten en llamas.
Las pronunciamos como una fruta
que se basa en las raíces del habla. Lo mordemos
con labios y lengua. Sumergimos cada sílaba
en los colores vivos o tristes de nuestras pupilas.
Probamos el sonido, lo tiramos al aire.
Regresa a nosotros indiferente o fría en la mirada del otro
o lleno de pulpa dulce madurada en el nicho del corazón.
Incluso si es corto, se extiende sobredimensionado en el espacio.
hace crecer una forma y en el silencio se asoma
entre los ojos y los oídos entre la razón y el sentimiento.

La semilla envuelta en la pulpa germina y se desborda
dentro y fuera de nosotros, dilatados por nuestra sed,
como un pensamiento, un presagio indemostrable
hasta que florezcan los árboles del deseo.

Io e lo specchio (Ita – Fr – Eng – Esp)

Foto di Florence Henri

La vita tesse le stelle nel cielo oscuro
e dall’alba al tramonto brilla
la fiamma spietata
d’esaltazione e di sofferenza.
Scivola sui muri della stanza
rimbalza sulle mie palpebre
che battono ripetutamente, voltano
lo sguardo al sole.
Schiudersi è difficile.
Le incertezze m’ imprigionano
segnano impronte fosforescenti,
sul cammino che il cuore deve seguire.
Non offro mai una trasparenza un varco
che lasci penetrare la fiamma,
esplodere la voce chiusa nel mio interno.
Le stelle sono sempre là, i loro sguardi
mi spogliano, mi scrutano, nessuno può evitarli.
La loro voce ha il tono delle speranze tradite.
Anche il cielo oscuro della notte le ode.
Nessuna porta le può fermare. Ma solo
mi vedo nello specchio, schermo tra me e il mondo.

Moi et le miroir

La vie tisse les étoiles dans le ciel sombre
et sa flamme impitoyable
brille de l’aube au crépuscule
d’exaltation et de souffrance.
Elle glisse sur les murs de la pièce
rebondit sur mes paupières
qui battent à plusieurs reprises, tournent
son regarde au soleil.
Il est difficile à m’ouvrir.
Les incertitudes m’emprisonnent
marquent ses empreintes phosphorescentes,
sur le chemin que le cœur doit suivre.
Je n’offres jamais la transparence une ouverture
laissant pénétrer la flamme,
exploser la voix fermée dans mon intérieur.
Les étoiles sont toujours là, leurs regards
me déshabillent, ils me scrutent, personne ne peut les éviter.
Leur voix a le ton des espoirs trahis.
Même le ciel nocturne les entend.
Aucune porte ne peut les arrêter. Mais je me vois
seul dans le miroir, écran entre moi et le monde.

Me and the mirror

Life weaves the stars in dark sky
and his ruthless flame
shines from dawn to dusk
exaltation and suffering.
She slips on the walls of the room
bounces off my eyelids
that repeatedly beat, turn
look at him in the sun.
It is difficult to open.
Uncertainties imprison me
they mark its phosphorescent imprints,
on the path that the heart must follow.
I never offer transparency an openness
allowing the flame to penetrate,
allowing explode the voice closed in my interior.
The stars are still there, their looks
undress me, they scrutinize me, no one can avoid them.
Their voice has the tone of betrayed hopes.
Even the night sky hears them.
No door can stop them. But I see myself
alone in the mirror, screen between me and the world.

Yo y el espejo

La vida teje las estrellas en el cielo oscuro
y brilla desde el amanecer hasta el anochecer
la llama despiadada
de exaltación y sufrimiento.
Deslizarse en las paredes de la habitación
rebota en mis párpados
que laten repetidamente, giran
la mirada al sol.
Es difícil salir d’eclosionar.
Las incertidumbres me aprisionan
marcan huellas fosforescentes,
en el camino que debe seguir el corazón.
Nunca ofrezcos transparencia una apertura
que deja la llama penetre,
estallar la voz cerrada en mi interior.
Las estrellas siempre están ahí, sus miradas
me desnudan, me escudriñan, nadie puede evitarlos.
Su voz tiene el tono de las esperanzas traicionadas.
Incluso el cielo nocturno oscuro los escucha.
Ninguna puerta puede detenerlos. Pero yo me veo
solo en el espejo, pantalla entre yo y el mundo.

L’albero-dio (Ita – Fr – Eng – Esp)

DigitalArt di Marcello Comitini

.

Dio che spalanchi cento braccia e t’innalzi
sul misero giardino cinto di muro scaldato
dal sole inargentato dalla luna,
cosa vedono le tue pupille
che a mille occhieggiano verdi nelle case sovrastate
e ti sovrastano immobili e orgogliose di tendere al cielo?
Uomini che non ti vedono
uomini che si affannano a mettere ordine
ai sentimenti alle scadenze alle priorità, trovano
la tua presenza un’ingombrante peso.
Giungono ai tuoi piedi, ignorano il tuo potere
rigenerante – non lo liberi di notte quando dormono? –
Credono che sei cieco. Non sanno da chi viene la vita
confondono la pioggia con la morte.
Distesi ai tuoi piedi per riposare
narrano storie di uccisioni e stupri
che il loro avi hanno commesso giusto ai tuoi piedi.
Bevono e si lamentano delle loro donne. Altre
ne amerebbero perché la linfa scorre
come nelle tue vene, rossa e bollente. Ma sanno amare?
Chiedono le tue foglie che il vento scompiglia con le carezze.
Sanno desiderare possedere e distruggere a volte
quel che non posseggono. E tu lasci cadere su loro
le foglie sino a coprire con pietà i corpi immaturi
che si sciolgano nella terra nell’abbraccio amorevole
delle tue radici.

L’arbre dieu

Dieu que tu ouvres cent bras et que tu t’élèves
sur le misérable jardin entouré du mur chauffè
par le soleil, argenté par la lune,
ce que voient vos pupilles
que mille lorgnent verts dans les maisons domnées
et vous dominent-ils, immobiles et fiers de s’élever vers le ciel ?
Hommes qui ne te voient pas
hommes qui se bousculent pour mettre de l’ordre
aux sentiments aux échéances aux priorités, ils trouvent
votre présence un poids encombrant.
Ils viennent à tes pieds, ils ignorent ton pouvoir
régénérant – ne le relâchez-vous pas la nuit quand ils dorment ? –
Ils croient que vous êtes aveugle. Ils ne savent pas de qui vient la vie
ils confondent la pluie avec la mort.
Allongés à vos pieds pour reposer
ils racontent des histoires de meurtre et de viol
que leurs ancêtres ont fait juste à vos pieds.
Ils boivent et se plaignent de leurs femmes. autres
ils les adoreraient car la sève coule
comme dans vos veines, rouge et brûlante. Mais savent-ils aimer ?
Ils demandent tes feuilles que le vent ébouriffe de caresses.
Ils savent desirer posséder et détruire parfois
ce qu’ils ne possèdent pas. Et vous laissez tomber sur eux
les feuilles jusqu’à couvrir de pitié les corps immatures
qui se fondent dans la terre dans une étreinte amoureuse
de tes racines.

The tree-god

God you open a hundred arms and lift yourself up
of the miserable garden surrounded by the wall heated
by the sun, silvered by the moon,
what your pupils see
that a thousand are eyeing green in the dominated houses
and do they dominate you, still and proud to rise to the sky?
Men who don’t see you
men jostling to tidy up
to feelings to deadlines to priorities, they find
your presence a bulky weight.
They come to your feet, they ignore your power
regenerating – don’t you release it at night when they are asleep? –
They believe you are blind. They don’t know where life comes from
they confuse rain with death.
Lay down at your feet to rest
they tell stories of murder and rape
that their ancestors made right at your feet.
They drink and complain about their wives. others
they would love them because the sap is flowing
like in your veins, red and hot. But do they know how to love?
They ask for your leaves that the wind ruffles with caresses.
They know how to desire to possess and sometimes to destroy
what they don’t have. And you drop on them
leaves until they cover immature bodies with pity
that merge into the land in a loving embrace
of your roots.

El árbol-dios

Dios, abres cien brazos y te levantas
del miserable jardín rodeado por el muro calentado
por el sol, plateado por la luna,
lo que ven tus pupillas
que mil están mirando verde en las casas dominadas
y te dominan, quietos y orgullosos de subir al cielo?
Hombres que no te ven
hombres empujándose para ordenar
a los sentimientos a los plazos a las prioridades, encuentran
tu presencia un peso abultado.
Vienen a tus pies, ignoran tu poder
regenerando – ¿no lo sueltas por la noche cuando están dormidos? –
Creen que eres ciego. No saben de donde viene la vida
confunden la lluvia con la muerte.
Acuéstate a tus pies para descansar
cuentan historias de asesinatos y violaciones
que sus antepasados hicieron a tus pies.
Beben y se quejan de sus esposas. Otras
las amarían porque la savia está fluyendo
como en tus venas, rojo y caliente. ¿Pero saben amar?
Piden tus hojas que el viento revuelve con caricias.
Saben desear poseer y a veces destruir
lo que no tienen. Y dejas caer sobre ellos
hojas hasta cubrir cuerpos inmaduros de piedad
que se funden en la tierra en un abrazo amoroso
de tus raíces.

Lamento delle afghane (Ita – Fr – Eng – Esp)

Quadro di Tintoretto

Non divorate i nostri figli.
Nelle bocche la loro carne
si muterà in velenoso destino.
Non mangiate il pane dei nostri uomini,
è amaro delle nostre lacrime acide
Non divorate i fiori
rossi dei nostri giardini
la loro linfa è il sangue delle nostre figlie.
Colerà sulle vostre guance
le farà bianche e glabre
e quando vi stenderete sui letti
con le vostre donne e ne userete i corpi
scorrerà nelle loro vene.
Saranno le nostre vendicatrici.

Lamentation des femmes afghanes

Ne dévorez pas nos enfants.
Leur chair dans vos bouches
se transformera en destin empoisonné.
Ne mangez pas le pain de nos hommes,
C’est amer avec nos larmes acides.
Ne dévorez pas les fleurs
rouges de nos jardins
leur sève est le sang de nos filles.
Il coulera sur vos joues
les rendra blancs et glabres
et quand vous vous allongerez sur les lits
avec vos femmes et vous utiliserez les corps
il coulera dans leurs veines.
Elles seront nos vengeurs.

Lament of Afghan women

Don’t devour our children.
Their flesh in your mouths
it will turn into poisonous destiny.
Do not eat the bread of our men,
It is bitter with our sour tears.
Don’t devour the red flowers of our gardens
their sap is the blood of our daughters.
It will run down your cheeks
it will make them white and hairless
and when you lie down on the beds
with your women and of them you will use the bodies
it will flow through their veins.
They will be our avengers.

Lamento de las mujeres afganas

No devoread nuestros hijos.
Su carne en tus bocas
se convertirá en un destino venenoso.
No comed el pan de nuestros hombres,
Es amargo de nuestras ácidas lágrimas.
No devores las flores rojas de nuestros jardines
su savia es la sangre de nuestras hijas.
Correrá por tus mejillas
los hará blancos y sin pelo
y cuando vosotros acostaréis en las camas
con tus mujeres y usarás los cuerpos
correrá por sus venas.
Ellas serán nuestras vengadores.