Sino all’ultimo orizzonte (ITA -FR)

Arkadius Branicki 

Fotografo: Arkadius Branicki

Un salice di cristallo
illumina il mio cammino.
Sino all’ultimo orizzonte
un pioppo d’acqua mi accompagna
col suo silenzioso scorrere.
Su questa strada camminiamo insieme
in una primavera senza fretta
amandoci ogni giorno
in ogni ora in ogni istante
che si ripete all’infinito rinnovandosi.
Dinnanzi ai miei occhi
che ti coprono come edera
il tuo corpo evoca il colore dell’alba.
Tra le mie mani che plasmano
i tuoi fianchi d’acqua
si dissolvono i contorni dei tuoi seni
come montagne velate da nuvole azzurre.
Uccelli in cerca del nido
si perdono nel folto dei tuoi capelli
nel calore delle tue labbra di grano.
Sei un prato assolato
che ondeggia al vento.
Sei la carne del mondo e la sua trasparenza
un universo di profumi di suoni e di luce
che mi fanno morire e rinascere.

Jusqu’au dernier horizon

Un saule de cristal
illumine mon chemin.
Jusqu’au dernier horizon,
un peuplier d’eau m’accompagne
avec son couler silencieux.
Sur cette route je marche avec vous
dans un printemps sans hâte
en nous amant touts les jours
toutes les heures touts les moments
qui se répètent à l’infini en se renouvelant.
Devant mes yeux
qui vous couvrent comme lierre
votre corps évoque la couleur de l’aube
dans mes mains qui façonnent
tes hanches d’eau
se dissolvent le contours de vos seins
comme des montagnes voilées par des nuages bleus.
Oiseaux à la recherche du nid
elle se perdent dans l’épaisseur de vos cheveux
dans la chaleur de vos lèvres de blé .
Vous êtes une prairie ensoleillée
se balançant au vent
vous êtes la chair du monde et sa transparence
un univers de parfums de sons et de lumière
qui me donnent la morte et la renaissance.

L’altra casa – L’autre maison

Andrew Wyeth Cristina Olson 1946

Andrew Wyeth, Cristina Olson, 1946

Certo per lei sarà stata una festa
dopo anni di buio e di silenzio
mi diceva un amico
che dalla finestra guardava
la casa di fronte con le luci accese.
Finalmente vicini mi ha detto abbracciandomi
sapendo che quella era la mia nuova casa.
Abbiamo brindato con gioia
a un futuro migliore
Ma in me c’era tanta tristezza
per l’abbandonata, per la regina
dei miei ricordi e dell’avvenire
di quel bambino di nove anni.
Per le stanze correva
come fossero piazze dai portici ombrosi
tra fontane e vetrine
dove specchiare la gioia di crescere.
Un giorno di solitudine e di tristezza
quando ho ripiegato i ricordi
li ho chiusi in buste colorate.
per custodirne sapore e colore
li ho riposti in scatoloni su cui ho segnato
il verso per maneggiarli.
Li ho anche numerati
perché potessi riconoscerli poi.
Soprattutto per arginare l’assalto dell’emozioni
che mi afferravano disordinatamente alla gola.
Qualcosa del passato
ho venduto al miglior offerente
qualcosa ho donato qualcos’altro ho buttato
come le parole che io e lei avevamo inventato
sotto un sole immobile per dare vita
ai giardini di sguardi,
il letto e il divano ormai aridi e vuoti,
il materasso con ancora il calore
dei nostri corpi.
Quando ho aperto gli scatoloni
nelle stanze spoglie della nuova casa
ho trovato solo le buste con ricordi marciti
o polverizzati dai tarli.
Quelle colorate di rosa e di celeste
erano aperte o lacerate.
Forse le hanno frugate
gente che voleva rubarmi quel poco
(o quel tanto per me) che mi portavo dietro
o gente che ha preferito
non consegnare all’uomo che fugge
l’amore di una storia finita.
La casa che splende di luci
che ogni sera mi accoglie come un migrante
che sparge profumi
spesso a me sconosciuti
è un guscio vuoto di tutto
Le stanze risuonano dell’eco
di quel bambino rimasto a correre
con gli occhi accecati di lacrime.

 

L’autre maison

Bien sûr
ça aura été une fête pour elle
après des années d’obscurité et de silence
M’a dit un ami
En regardant par la fenêtre
la maison d’en face avec les lumières allumées –
Finalement – il m’a serré
dans ses bras
sachant que c’était ma nouvelle maison.
Nous avons trinqué de joie
pour un avenir meilleur.
Mais il y avait de la tristesse en moi
pour l’abandonné, pour la reine
de mes souvenirs et de l’avenir
de cet enfant de neuf ans.
Il courait dans les chambres
comme si elles étaient des places
avec des portiques ombragés
parmi les fontaines et les vitrines
où refléter sa joie de grandir
et le désir d’être aimé.
Un jour de solitude et de tristesse
quand j’ai plié les souvenirs
en les enfermant dans des enveloppes colorées.

Pour préserver leur saveur et couleur
Je les ai placés dans des boîtes en indiquant
les côtés à manipuler.
Je les ai aussi numérotés
afin que je puisse les reconnaître plus tard.
Surtout pour endiguer l’assaut des émotions
qui me serraient la gorge sans ménagement.
Quelque chose du passé
j’ai vendu au plus offrant
j’ai fait don de quelque chose
d’autre j’ai jeté
comme les mots avec lesquelles nous avions inventés elle et moi
jardins de regards sous un soleil immobile,
le lit et le canapé désormais arides,
le matelas encore chaud
de nos corps.
Quand j’ai ouvert les boîtes
dans les pièces vides de la nouvelle maison
J’ai seulement trouvé
les enveloppes avec des souvenirs pourris
rongés par les vers à bois.
Celles colorées en rose et bleu clair
étaient ouvertes ou déchirées.
Peut-être que des gens ont fouillé
voulant voler le peu
(ou le tant pour moi) que j’avais emporté
ou alors des gens qui ont préféré
ne pas livrer l’amour à l’homme
qui s’enfuit d’une histoire finie.
Dans la maison qui resplendit de lumiere
qui chaque nuit m’accueille comme un migrant
et répand ses parfums
souvent inconnus de moi
les chambres vides résonnent par l’écho
de cet enfant courant
avec ses yeux aveuglés par les larmes.