Fratello implacabile >< Frère implacable

io e il mare rit

Questo mare aperto questi antichi approdi
questo lucentissimo rotolare delle onde
che s’avventano giorno e notte ai piedi delle terre.
Io per caso o per destino seduto ai limiti
della sua immensità vedo l’uomo e la sua assenza.
Non dorme ma adesso calmo ed imprendibile
specchia la solitudine del cielo e delle sue profondità.
Sembra chiedermi di me
della mia creaturale oscurità.
Chiariscimi sembra dirmi perché mi ami
perché in me culli la tua anima.
Spogliato d’ogni tua immaginifica significazione
ti tuffi senza malizia tra le mie braccia
libero d’ogni grumo di tormento, d’ogni traccia
di lubricità e di carne.
Scendi nel mio misericordioso grembo
in cerca di una pace, di un futuro
che potrebbe all’improvviso disserrarsi.
Felicità? Non sembra. Pure nel silenzio non si arresta
il ronzio del tuo pensiero
che insegue sé medesimo e ti lambisce il cuore.
Questa tua lunga sofferenza è crudeltà?
O misericordia?
La tua vita che scorre sommessamente
non sarà mai simile al canto
delle mie acque celesti, né al grido feroce delle mie onde.
Vorrei rispondergli non so non ho mai compreso
l’ansito che ti tiene sveglio,
quel tuo eterno ricominciamento che non ha meta
se non te stesso,
tuo fratello implacabile.

 

Frère implacable

 A Barbara  Auzou

Cette mer ouverte ces lieux d’anciens débarquements
ce roulement très lumineux des vagues
qui se lancent jour et nuit au pied de la terre.
Par destin ou par hasard, assis à la limite
de son immensité je vois l’homme et son absence.
Il ne dort pas mais maintenant il est calme et imprenable
Il réfléchit la solitude du ciel et de ses profondeurs.
Il semble me demander de moi
de mes obscurités de créature.
Éclairez-moi , il semble me dire pourquoi vous m’aimez
pourquoi vous bercez en moi votre âme.
Dépouillé de toute votre capacité de créer des symboles
vous plongez sans malice dans mes bras
libre de toute trace de tourment, de tout caillot
de lubricité et de charnalité.
Vous descendez dans mon ventre miséricordieux
à la recherche de la paix, de l’avenir
qui pourrait soudainement se manifester.
Félicité? Cela ne semble pas. Même dans le silence le bruit
de votre pensée ne s’arrête pas.
il poursuit lui-même et lèche votre cœur.
Cette votre longue souffrance est-elle cruauté?
Ou miséricorde?
Votre vie qui coule doucement
ne sera jamais comme la musique indomptable et sauvage
de mes eaux célestes, ni le cri féroce de mes vagues.
Je voudrais lui répondre je ne sais pas je n’ai jamais compris
le halètement qui vous empêche de dormir,
cet éternel redémarrer qui n’a pas de destination
sinon vous-même,
votre implacable frère!

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“Au bout du compte”, traduit en Italien….

Au bout du compte

sous l’air froid qui s’invite dans tout lieu habité

et qui nous fait le pied poudreux au jour cahotant

et sur l’herbe sans fin où l’on s’étend

comme une grande bête triste aux poils mouillés

on cherche encore dans le poids des mots légers

le sel et le secret pour s’endormir

et ce qu’il faut que l’on soit pour vivre

sans en mourir

Barbara Auzou.

Lire dit-elle

Je remercie Marcello Comitini qui n’en est pas à son premier cadeau…
Voilà ma traduction de votre très beau poème, Barbara.
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Alla fine
sotto l’aria fredda che si invita in da sé ogni luogo abitato
e che ci rende i piedi polverosi in una giornata accidentata
e sull’erba infinita dove si distende
come una grande bestia triste con i peli bagnati
cerchiamo ancora nel peso delle parole leggere
il sale e il segreto per addormentarsi
e ciò di cui si ha bisogno per vivere
senza morirne

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Il sosia – Le sosie – The double

sulla panchina

Il sosia

I miei pensieri che nella notte hanno guizzato
come pesci impazziti nel lago oscuro della memoria
si sono dissolti all’alba nella vampa rossa del sole.
Trascorrerò questo giorno di luce nella felicità comune
al pensiero del mondo, al suo continuo mutamento
che lascia tutto immobile nella doppiezza del suo senso.
Rapito in questa mia azzurra beatitudine
mi sono seduto su una panchina
a leggere il giornale a gambe larghe
come quei vecchi che ottant’anni addietro sbadigliavano all’ombra
dei giardini silenziosi. Li ricordo erano quattro.
Neri lucidi bramosi
si narravano tra loro con le mani incrociate sull’elsa dei bastoni
dritti tra le gambe le storie
di giovinezza, di atrocità, di guerre scampate e dell’errore
d’essersi innamorati di ragazze che pronunciavano sentenze
di morte provvisoria.
Pentimenti improvvisi sospendevano la condanna e le ragazze
concedevano la grazia tra le loro braccia.
I vecchi sapevano che se avessero chiuso gli occhi
tutto sarebbe svanito e le memorie
si sarebbero accese sulle labbra di altri. Li guardavo
e temevo che qualcuno di loro morisse abbracciato a un ricordo.
Uno in particolare
meno vecchio degli altri con un bastone nodoso simile a un ramo
staccato vivo da un albero.
Seduto alla loro sinistra guardava
con attenzione come chi attende un amico o cerca
qualcosa tra i mucchi di foglie ingiallite della memoria. Mi somigliava.
Ma io sono giovane e lui molto più vecchio. Sono certo
che ripensava a quand’era ragazzo
a sua madre che gli diceva non ascoltare i vecchi: è la loro tristezza
che uccide come tuo padre più vecchio di me ha ucciso
i sogni di entrambi.
Poi si guardava le mani e piangeva
come un impostore sui sogni dei figli. Sentiva tutto il passato
simile a un cappio che si stringeva attorno al suo collo.
Ricordava la donna
che prima d’andare al lavoro gli spianava sul petto  le pieghe
della camicia bianca e gli porgeva nel cavo della sua piccola mano
una tazza colma di un infuso azzurrognolo.

Piego sottobraccio il giornale. Allontanandomi vedo
tre cespi di rose bianche sfiorite ai lati della panchina.
Anche i vecchi sono cespi sfioriti
chiazze gialle marcite su una tomba dimenticata che il tempo
va sbriciolando in macerie.
Confuso dai miei stessi pensieri cerco di distogliere gli occhi.
M’inebrio al profumo
di erba falciata da un’invisibile mano. Sento il rimpianto
di non aver stretto amicizia
con quel giovane vecchio che ha accettato la vita
come un caso o un fato. Mi somigliava.
Decisamente.

Le sosie

Dans l’ardeur rouge du soleil l’aube a dissous mes pensées
qui dans la nuit ont frétillé dans le lac ténébreux de la mémoire
comme des poissons devenus fous .
Je veux passer cette journée de lumière dans une communion heureuse
avec la pensée du monde, avec son changement eternel
qui laisse tout immobile dans la duplicité de son sens.
Ravi dans ma béatitude azure
je me suis assis sur un banc avec les jambes écartées
à lire le journal
comme ces vieillards qui il y a quatre-vingts ans bâillaient à l’ombre
de jardins silencieux. Je les rappelle ils étaient quatre.
Noirs brillants avec des regards de convoitise
ils racontaient entre eux, les mains croisées sur le manche des bâtons
droits entre ses jambe, les histoires
de la jeunesse , des atrocités, des guerres évitées et de l’erreur
d’être tombé amoureux des filles prononçant des sentences
de mort provisoire.
Les repentirs soudains suspendaient la peine et les filles
accordaient la grâce entre leurs bras.
Ces vieillards étaient sûrs que s’ils fermaient les yeux
tout aurait disparu et ses souvenirs seraient allumés
sur les lèvres des autres. Je les regardais
et j’avais peur que quelqu’un d’entre eux mourait cramponné à un
de ses souvenir. Un en particulier
moins âgé que les autres avec un bâton noueux comme une branche
détachée encore vivante d’un arbre.
Assis à leur gauche, il regardait
soigneusement comme quelqu’un qui attend un ami ou cherche
quelque chose parmi les tas de feuilles jaunies de la mémoire. Il me ressemblait.
Mais je suis jeune et il était beaucoup plus âgé que moi. Je suis sur
qu’il repensait à quand il était un garçon
à sa mère qui lui disait de ne pas croire aux vieillards: c’est leur tristesse
qui tue comme ton père plus âgé que moi a tué
les rêves de tous les deux.
Puis il regardait ses mains et pleurait
comme un imposteur sur les rêves de ses enfants. . Il sentait que tout le passé
était un nœud coulant qui se serrait autour de son cou.
Il se souvenait de la femme
qui lui rabattait les plis de sa chemise blanche sur la poitrine
avant d’aller travailler et lui tendait dans le creux de sa petite main
une tasse remplie d’une infusion bleuâtre

Je plie le journal sous mon bras. En m’éloignant je vois
trois bouquets de roses blanches fanées à côté du banc.
Même les vieillards sont des bouquets fanés,
des taches jaunes pourries sur une tombe oubliée que le temps
réduit à un amas des décombres.
Accablé par mes propres pensées, j’essaie de détourner le regard.
Je m’enivre au parfum
d’herbe tondue par une main invisible. Je regrette
ne pas m’être lié d’amitié
avec ce jeune vieillard qui a accepté la vie
comme un cas ou un destin. Il me ressemblait.
Certainement.

The double

My thoughts that have darted in the night
like crazy fish in the dark waters of memory
they dissolved at dawn in the red blaze of the sun.
I will spend this day of light in happiness, common
to the thought of the world, to its continuous change
that leaves everything immobile in the duplicity of its meaning.
Kidnapped in my blue bliss
I sat on a bench with legs apart
to read the newspaper
like those old men who eighty years ago yawned in the shade
of silent gardens. I remember them, were four.
Black shiny eager
they tell to each other with their hands crossed on the hilt of sticks
straight between the legs, the stories
of youth, of atrocities, of escaped wars and of error
having fallen in love with girls pronouncing sentences
of provisional death.
Sudden repentance suspended the sentence and the girls
are grant grace in their arms.
These old ones that if they had closed their eyes
everything would have vanished and those memories
they would be lit on the lips of others. I looked at them
and I was afraid that some of them would die in a memory.
One in particular
less old than the others with a gnarled stick like a branch
detached from a tree.
Sitting on their left, he looking
carefully like someone waiting for a friend or looking for
something between the piles of yellowed leaves of memory. He seems my double.
But I am young and he is much older than me. I’m sure
he thinks thought back to when he was a boy
to his mother who told him “do not listen to old men: it’s their sadness
that kills like your father older than me, he killed
the dreams of both. ”
He looked at his hands and cried
as an impostor on the dreams of children. He felt all the past
like a noose tightening around his neck.
He remembered the woman
that smoothed on his chest before going to work the folds
of his shirt and she held in the hollow of his hand
a cup full of a bluish infusion.

I fold the newspaper under my arm. As I go away, I see
three tufts of white roses withered to the sides of the bench.
Even the old ones are withered bush
rotten yellow patches on a forgotten grave that the time
is crumbling into rubble.
Overwhelmed by my own thoughts I try to look away.
I get drunk with the scent of wine and
of grass mowed by an invisible hand. I feel regret
not being close friend
with that young old man who accepted life
like a case or a fate. He resembled me
Definitely.

 

Autoritratto di una sera

 

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Sono le nove di sera. Ho terminato appena adesso
di cenare davanti al televisore. Ho masticato a lungo
una pastiglia di melatonina.
Tutto mi gira intorno anche le braccia e le gambe.
E i personaggi colorati della televisione
come formiche voraci in vecchi film
brulicano dentro le mie vene. Avrei dovuto deglutirla
diluendola con un sorso d’acqua? Il cuore
si strizza come un’arancia e come carta straccia
il petto mi si è accartocciato. La mente non vuole
cedere al sonno
col timore che la morte attenda taciturna
che io m’abbandoni per sfilarmi dal petto
quel filo d’aria che succhio a fatica.
Mentre tutto mi gira intorno mi sono messo a sognare.
Giuro non mi sono drogato.
Eppure.
Quello ch’era il soffitto stava
ora sotto i miei piedi e dal pavimento piovevano
senza colpirmi
i cubetti di porfido di un cielo lastricato di stelle
come le strade della mia città che non ho mai dimenticato.
Neppure dopo aver bevuto attaccato alla bottiglia
ero assalito da simili visioni. Mi assaliva invece
la tristezza di un cielo pieno di nuvole
e di un amore finito in cui affondavo con tutto me stesso.
E mi sforzavo di ricordare la mia giovinezza
i tuoi occhi colmi di luci e la seta
soffice dei tuoi seni. Noi ci amavamo
nascondendoci nel buio scrivendoci lettere
d’amore immaginandoci nudi sull’erba
ad occhi chiusi per sentire meglio sotto le dita
la pienezza dei nostri corpi.
Invece mi apparivano solo gli occhi di uomini
dimenticati lungo il bordo
dei marciapiedi e di puttane in mutande
che mi sorridevano e m’invitavano a entrare nei loro tuguri.
Una povertà sbandierata sotto gli occhi di tutti
col ghigno delle maschere che hanno perso
anche la speranza
di riscatto dall’ubbidienza e dalla miseria.
Poi lentamente tutto svanisce nel gorgo
di una lucidità ritrovata davanti alla finestra
spalancata sul freddo di questa città.
A guardare quelle strade deserte siamo rimasti
la notte io con gli occhi indolenziti e gonfi
e la vita affondata nei solchi oscuri della memoria.

Donne sole

Edvard-Munch-Separazione-18

Edvar Munch, Separazione, 1896

Tutti questi uomini che cadono lungo le sponde del fiume
come gocce di neve gonfie di dolore da un cielo
polveroso di anni.
Stretti al muro con gli occhi sbarrati
dietro una benda cadono ciechi come eroi fucilati
in tempo di guerra. Sono
piccoli uomini che hanno vissuto la loro storia
leggendo il giornale, urlando allo stadio, osservando
Amleto e i suoi dubbi
curvi sui loro giardini invasi dai merli.
Rimangono donne che camminano lungo le sponde
solitarie del fiume. Portavano un tempo
il profumo dei sogni. Ora una sottile linea di fumo
sale dalle acque e brucia nei cuori un minuscolo
granello d’incenso. Lungo le sponde la luce
ha il chiarore dei tramonti invernali.